Le Parti libéral-radical a validé jeudi soir ses trois candidats sortants pour le Conseil d’Etat. Un moment crucial qui révèle à la fois la solidité du PLR et les fragilités de sa domination politique avant le scrutin de février 2027.
Les trois sortants lancés sans surprise
Les délégués du PLR Vaud ont validé les candidatures de Christelle Luisier, Isabelle Moret et Frédéric Borloz pour l’élection au Conseil d’Etat en février et mars prochains. Cette validation s’est déroulée lors d’un congrès à Yvonand, où les trois ministres sortants ont été investis par acclamation, un signal fort d’unité interne. Une élection qu’ils mèneront, comme attendu, au côté de l’UDC Jean-François Thuillard.
Le trio présente un bilan travaillé pendant la campagne. Au cours de la législature, ils ont négocié 345 millions d’allègements fiscaux pour les familles, enterré la hache de guerre avec les communes, soutenu 3200 projets d’entreprises et ramené le calme à l’école vaudoise, selon le parti. Christelle Luisier, présidente du gouvernement sortante et ministre des finances, mène le trio, flanquée d’Isabelle Moret aux portes économiques et de Frédéric Borloz chargé des écoles.
L’alliance traditionnelle reconduire, mais sans le Centre
Les délégués ont décidé de reconduire l’Alliance vaudoise avec l’UDC, une alliance déjà scellée lors des élections de 2022, mais autrefois avec le Centre, lequel souhaite désormais s’associer avec d’autres partis centristes (Vert’libéraux, Libres, Parti évangéliste vaudois). Cet éloignement du Centre Vaud incarne le grand chambardement politique de l’année.
Depuis le départ spectaculaire de Valérie Dittli et la scission du Centre Vaud, les cartes se redistributent rapidement. Giancarlo Sergi, élu à la présidence du Centre Vaud le 19 mai dernier, est candidat au Conseil d’Etat, porteur d’une ambition nouvelle au sein du parti recomposé. Mais le PLR, lui, regarde vers la droite traditionnelle en épousant davantage l’UDC, abandonnant la coalition centriste qui avait marqué 2022.
Un contexte de turbulences
Si le PLR affiche de la sérénité en interne, la politique vaudoise traverse une période chaotique. Dans huit mois, les Vaudois renouvelleront leur gouvernement dans un climat de défiance inédit et de fortes tensions au sein du Conseil d’Etat. Les dossiers judiciaires, les crises budgétaires et les remous internes aux partis pèsent sur le climat politique.
Le PLR, grand gagnant de 2022 avec ses trois sièges, doit défendre son pré carré face à une gauche dynamique et des centristes en recomposition. Le PLR assure que son adversaire en 2027, c’est la gauche, un langage de campagne classique qui masque mal une réalité plus nuancée : une élection où les alliances seront décisives et où les rapports de force au sein de la majorité sortante se sont fragilisés. Les étapes qui suivront, notamment la votation de septembre et les positionnements des autres acteurs politiques, façonneront le terrain sur lequel le trio sortant devra convaincre.