Que choisir : ouverture ou repli stratégique ? C’est à cette question centrale que le canton de Vaud devra répondre lors du Forum de l’économie vaudoise, prévu vendredi 25 septembre à Lausanne. Alors que la Suisse romande traverse une période d’incertitude géopolitique et commerciale sans précédent, cette plateforme d’échange entre décideurs économiques et politiques arrive à point nommé pour explorer les stratégies qui pourront sauver la compétitivité vaudoise.
Un contexte devenu hostile
Le degré d’incertitude a encore augmenté pour l’économie vaudoise, avec l’annonce début avril par les États-Unis de droits de douane touchant la plupart des économies. Face à ces turbulences, les acteurs économiques régionaux se demandent s’il faut poursuivre l’internationalisation agressive qui a fait la force du canton ou consolider ses forces de manière plus repliée. Pas de réponse facile : si une récession n’est pas à l’ordre du jour, la croissance dans le canton et en Suisse devrait à nouveau s’inscrire cette année en dessous de la moyenne des quinze dernières années.
Le timing du forum n’est donc pas un hasard. Les entreprises vaudoises, en première ligne face aux tensions commerciales internationales, ont besoin de clarté sur la direction à suivre. Le débat s’annonce vigoureux : parmi les intervenants confirmés figurent des responsables clés de l’industrie vaudoise, mais aussi des représentants du gouvernement et des experts de la géopolitique économique.
L’héritage d’une décennie de surperformance
Le contexte ne doit toutefois pas occulter le bilan remarquable du canton. Une étude de BAK Economics commandée par le Conseil d’Etat révèle que le canton de Vaud a surperformé la moyenne suisse depuis trente-cinq ans, avec un indice de compétitivité de 107,2, porté par une diversification connexe unique en Europe. Ce modèle unique, reposant sur l’articulation étroite entre les sciences de la vie, le numérique et l’industrie de précision, renforce la résilience du tissu économique.
Mais voilà : cette résilience est mise à l’épreuve. Derrière les records d’implantations et de brevets, le modèle vaudois doit affronter des défis structurels majeurs : pénurie de talents, irruption de l’IA et concurrence fiscale internationale. Des enjeux qui expliquent pourquoi le Forum économique se pose cette année la question existentielle de l’ouverture versus la reprise de contrôle.
Deux logiques en collision
D’un côté, la tentation protectionniste gagne du terrain : renforcer les barrières, favoriser les chaînes d’approvisionnement locales, prioriser la stabilité à court terme. De l’autre, la conviction que seule l’ouverture continue permet aux entreprises vaudoises de capter les talents et les innovations mondiales indispensables à leur survie.
Le Forum de vendredi promet d’ailleurs une galerie de figures représentant ces deux visions : entrepreneurs pionniers, responsables politiques entre pragmatisme et idéologie, experts en géopolitique. Pas de consensus qui s’annonce, mais une clarification bienvenue des enjeux réels pour toute entreprise vaudoise engagée dans le commerce mondial.
Pour le canton, l’enjeu est précis : maintenir son statut de locomotive économique romande exige à la fois une économie ouverte sur le monde et des garde-fous intelligents face aux chocs externes. Le Forum sera le thermomètre de cette délicate équation.