Le projet de budget 2027 affiche un déficit de 356 millions de francs, selon les chiffres présentés lundi par la conseillère d’État Christelle Luisier. C’est la suite d’une trajectoire déficitaire qui dure depuis des années.

Pour camoufler l’ampleur du trou financier, le gouvernement a dû se résoudre à utiliser des réserves, à hauteur de 440 millions de francs. Sans ce recours aux réserves, le déficit budgété atteindrait 797 millions pour 2027. Cet artifice permet au Conseil d’État de respecter le cadre légal du “petit équilibre” obligatoire, mais repousse simplement la catastrophe.

Une trésorerie qui s’érode

Le problème structurel s’aggrave. Le gouvernement recourt à ce procédé depuis 2019, autrement dit depuis près de dix ans. Or, les réserves ne sont pas infinies. “Après 2030, il n’y aura plus rien”, a averti Christelle Luisier. Cette date limite de 2030 coïncide avec l’objectif annoncé du Conseil d’État pour un retour à l’équilibre, mais elle ressemble surtout à un point de rupture.

Du côté des charges, elles progressent constamment. Les charges atteignent 13’215 millions de francs, en augmentation de 3,7% par rapport au budget 2026. Ce montant intègre la totalité des dépenses liées à l’Ukraine (196 millions, près du double qu’en 2026). D’autres ministères ne peuvent qu’absorber le choc.

Les économies qui ne suffisent plus

Pour contenir les dégâts, le gouvernement a procédé à des économies de 65 millions. Il s’agit d’un effort réel, mais nettement insuffisant face à des déficits qui dépassent les 350 millions. Dès lors, le Conseil d’État se prépare à des mesures bien plus drastiques.

“Si elle [l’initiative] est acceptée, des mesures d’économie seront inévitables, avec une diminution des prestations dans tous les domaines”, a prévenu Christelle Luisier. Cette menace s’ajoute à une incertitude majeure qui pèse sur les comptes.

Le vote de septembre change tout

Le résultat final reste suspendu au sort du scrutin de septembre sur la baisse d’impôts de 12%. L’initiative engendrerait un manque à gagner estimé à 272 millions. Si elle passe, le déficit vaudois explosera et les coupes budgétaires massives deviendront inévitables.

En attendant le 27 septembre, le Conseil d’État maintiendra le cap : puiser dans les réserves pour respecter les règles et espérer que les contribuables rejettent la baisse fiscale. Autrement, Vaud entre en zone de turbulences majeures.

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