La rentrée académique de la HESAV a enregistré une nouvelle hausse des inscriptions marquée surtout par une augmentation des soins infirmiers de 51,4%. Un dynamisme qui rompt avec la tendance habituelle dans un secteur confronté à une pénurie chronique de personnel soignant depuis plusieurs années.
Le Campus Santé, vaste complexe situé à Chavannes-près-Renens, regroupe le bâtiment C4 (Centre coordonné de compétences cliniques), le bâtiment de la HESAV ainsi que la maison des étudiants. Les inscriptions à la HESAV bondissent de 40% à la rentrée 2026, dont +54% en soins infirmiers, portées par le flambant neuf Campus Santé.
La HESAV a accueilli plus de 1700 étudiants et étudiantes pour cette rentrée 2026/2027, dont plus de 210 inscriptions au Bachelor soins infirmiers. Au-delà des seuls soins infirmiers, l’augmentation concerne aussi la technique en radiologie médicale (+38,8 %) et l’année propédeutique santé (14,4 %).
Un tournant stratégique pour le canton
La directrice, Carole Wyser, attribue ce succès au nouveau campus, au programme cantonal InvestPro et aux cursus à temps partiel. Le programme InvestPro, lancé l’an dernier par l’État de Vaud, s’inscrit dans une volonté affichée de soutenir les professionnels de la santé face à la pénurie persistante. Cette aide financière complémentaire vise à rendre les formations plus accessibles.
L’année propédeutique santé (APS) connaît un succès avec plus de 350 inscriptions, tout comme le Bachelor en technique en radiologie médicale avec plus de 110 inscrits. Ces chiffres révèlent un intérêt transversal pour les formations dans le domaine de la santé et pas seulement pour les soins infirmiers.
Des indices positifs sur la rétention
Le taux d’abandon en soins infirmiers est passé de 9% en 2021 à 3,8% aujourd’hui. Ce redressement spectaculaire suggère que les mesures de soutien, équipements modernes, aide financière, flexibilité des parcours, commencent à porter leurs fruits non seulement en attirant des étudiants, mais aussi en les retenant jusqu’à l’obtention de leur diplôme.
Pour autant, l’optimisme doit rester mesuré. Bien que ces nouvelles inscriptions constituent une bonne nouvelle pour réduire à long terme la pénurie de soignants, les hôpitaux vaudois et les structures médico-sociales continueront de faire face à des difficultés d’effectifs dans les années à venir, le délai nécessaire pour former un infirmier n’étant que progressif. Le véritable enjeu consistera à transformer cet intérêt renouvelé en une stabilisation durable des effectifs dans le secteur.