La Cour des comptes vaudoise s’est montrée sévère avec les services d’Isabelle Moret, passant au crible les aides à fonds perdu accordées par le Service de la promotion de l’économie et de l’innovation, Innovaud et la Fondation pour l’innovation et la technologie. Ces aides ont représenté 24 millions de francs en 2025.
Un gaspillage public majeur
Le résultat du contrôle révèle une faille majeure dans la gestion des deniers publics vaudois. Pour trois quarts des sociétés vaudoises aidées, l’argent de l’État n’était pas indispensable. Cette constatation pose la question fondamentale de l’efficacité réelle du soutien public. Des dizaines de millions auraient ainsi servi à épauler des entreprises qui auraient survécu sans ce coup de pouce gouvernemental.
Un contexte de crise financière
Cette critique survient dans un contexte budgétaire particulièrement tendu pour le canton. Voilà quelques semaines, les électeurs vaudois ont approuvé une baisse d’impôt de 12% qui creusera davantage le trou dans les finances cantonales déjà déficitaires. Dans ce cadre de ressources réduites, financer des entreprises qui n’auraient pas eu besoin d’appui public représente un coût d’opportunité considérable, autant d’argent qui ne pourra pas être investi dans les services publics essentiels, les infrastructures ou la réduction de la dette.
Vers une réforme incontournable
La situation financière de l’État de Vaud appelle à disposer d’un organe de contrôle indépendant et outillé à la hauteur de sa tâche. Les responsables du gouvernement cantonal devront rendre des comptes sur la manière dont ces dispositifs seront réformés. L’enjeu dépasse le simple audit administratif : c’est la crédibilité de la gestion publique vaudoise qui est en jeu, à l’heure où les Vaudois votent pour moins de fiscalité et attendent que l’argent public soit utilisé avec plus de rigueur et d’efficacité.