Des citoyens et des députés de tous bords politiques s’opposent au choix du Grand Conseil vaudois d’implémenter le logiciel américain Epic pour gérer les dossiers patients de douze hôpitaux vaudois. Ils ont jusqu’au 5 décembre pour récolter 12’000 signatures afin de déclencher un référendum.
Une décision qui déchire le parlement
Le Grand Conseil a pris sa décision, mais elle provoque une levée de boucliers inédite. Ce qui surprend particulièrement : le front de contestation réunit des voix provenant de tous les spectres politiques. L’empilement de critiques adressées au projet n’est pas limité à une sensibilité gauche ou droite. Des élus libéraux côtoient des socialistes et des écologistes dans le collectif de révolte.
Des enjeux critiques mis en avant
Au cœur du débat, plusieurs préoccupations convergent. D’abord, la dépendance envers un géant technologique américain pour gérer des données sensibles relatives à la santé des Vaudoises et Vaudois. Ensuite, le coût du projet et son impact sur l’autonomie du système de santé cantonal. Enfin, des questions de souveraineté numérique dans un secteur aussi critique que la santé publique.
Le système Epic, déjà déployé dans plusieurs cantons romands, cristallise un débat plus large sur le rôle des grandes entreprises technologiques dans l’infrastructure publique suisse. Pour les opposants, accepter aveuglément cette solution signifie accepter une dépendance technologique qui ne peut plus se réduire.
Un mois et demi décisif
Le délai pour récolter les signatures s’écoule jusqu’au 5 décembre. Avec un nombre-cible de 12’000 signatures, l’enjeu est de taille. Si le quota est atteint, le peuple vaudois sera appelé à se prononcer directement sur cette question.
Cette séquence referendaire ne serait pas la première à secouer le corpus décisionnel du Grand Conseil, mais elle intervient à un moment où la confiance envers certains choix technocratiques n’a jamais été aussi fragilisée. Reste à voir si ce mouvement citoyen réussira à mobiliser suffisamment de soutiens pour aller au bout de sa démarche contestataire.