À cinq jours du vote sur la baisse de 12% des impôts sur le revenu et la fortune, Vaud affiche une polarisation rarissime sur la question fiscale. L’issue du scrutin du 27 septembre reste indécise, et les fractures apparaissent partout : chez les Verts, qui présentent une candidate pour le Conseil d’État tout en scrutant le vote avec inquiétude, mais aussi au sein même des élus du centre-droit.
Le 27 septembre, les Vaudois seront appelés aux urnes pour accepter ou refuser une initiative cantonale exigeant une réduction linéaire de 12% de l’impôt sur le revenu et la fortune. Ce qui peut sembler un simple ajustement fiscal masque en réalité un débat existentiel sur le modèle social et la capacité budgétaire du canton.
Deux visions irréconciliables
Du côté des initiants, le diagnostic est cinglant. Ces derniers dénoncent une charge fiscale trop lourde pour la classe moyenne vaudoise en comparaison avec d’autres cantons suisses. À l’appui de leur dossier, ils brandissent les réserves : le débat s’intensifie autour de l’utilisation des réserves de l’État, qui s’élèvent à plus de 3 milliards de francs selon les partisans de l’initiative.
Face à eux, le Conseil d’État vaudois appelle au rejet du texte. Le gouvernement avance un argument chiffré massif : les autorités cantonales craignent un manque à gagner annuel de 272 millions de francs. Une saignée que cette perte financière menacerait l’équilibre des finances publiques.
Pour pallier ce risque, le gouvernement soutient un contre-projet incluant des baisses plus progressives.
Les fissures du consensus
Mais ce qui trouble véritablement le paysage politique, c’est l’émergence de voix discordantes au sein même des camps. Des voix dissonantes émergent dans les deux camps, entre certains électeurs de gauche qui dénoncent une campagne de la peur et des députés PLR qui redoutent un choc budgétaire trop brutal pour les communes.
À la veille d’une élection cantonale 2027 décisive, ce vote fait office de test grandeur nature sur la question fiscale en Suisse romande. Les résultats de dimanche projeteront autant de lumière sur les priorités vaudoises que sur la direction politique qui pourrait prévaloir dans les années à venir.