Le 5 novembre aura marqué un tournant dans le bras de fer qui oppose depuis des mois les organisations syndicales vaudoises aux politiques d’austérité du canton. La mobilisation ne se limite plus aux appels à la grève : elle se manifeste désormais sur le terrain, simultanément, dans plusieurs secteurs clés de l’économie vaudoise.

Une mobilisation élargie et coordonnée

Les syndicats du personnel de l’État sont descendus dans la rue le 5 novembre pour s’opposer aux coupes budgétaires annoncées par le gouvernement, lors d’un mouvement organisé par près de 100 militants réunis en assemblée générale. Cette manifestation intervient dans un contexte de tensions budgétaires chroniques qui fragilisent les services publics vaudois depuis plusieurs années.

Le même jour, le personnel du groupe Tamedia a débrayé pour dénoncer les 41 licenciements prévus, y compris de deux représentants syndicaux au sein des rédactions. Cette action, survenant seulement un mois après l’annonce initiale, révèle un taux de mécontentement élevé dans le secteur des médias face aux restructurations imposées de manière descendante.

Austérité répétée et services publics fragilisés

Les syndicats du personnel vaudois organisaient cette manifestation contre des coupes budgétaires de 165 millions de francs. Ces réductions s’inscrivent dans une logique politique plus large, résultant de l’acceptation par les électeurs de l’initiative des 12 % en septembre dernier.

Ce qui inquiète les syndicats, ce n’est pas seulement l’ampleur des réductions, mais surtout leur répétition. Les syndicats dénoncent un mécanisme répété : baisses fiscales, caisses vidées, puis coupes dans les services publics. Un pattern qui mine régulièrement la capacité du secteur public à maintenir ses prestations à la population.

L’automne n’est plus seulement politique : il est devenu un moment récurrent d’affrontement social. L’automne 2025 avait déjà connu 13 jours de grève et des cortèges de plus de 20 000 personnes dans les rues. Un an plus tard, le scénario se répète, suggérant que les mesures adoptées jusqu’à présent n’ont pas suffi à stabiliser la situation.

Un tissu socio-économique fragilisé

Au-delà des chiffres, c’est l’équilibre fragile du marché du travail vaudois qui se lézarde. Les licenciements dans les médias reflètent les difficultés structurelles du secteur face à la transition numérique. Les coupes budgétaires affectent l’attractivité des postes dans la fonction publique et le parapublic, rendant plus difficile le recrutement et la rétention de talents.

La convergence de ces deux mouvements le 5 novembre n’est pas fortuite. Elle révèle une lassitude croissante face à des stratégies qui font systématiquement peser les ajustements sur les salariés et les services, plutôt que sur les choix fiscaux de long terme.

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