Genève, Vaud et le Valais ont généré 190 milliards de francs en 2024 contre 167 milliards pour le canton de Zurich. Cette nouvelle économique, révélée ce lundi par les chiffres révisés de l’Office fédéral de la statistique, marque un tournant majeur dans la géographie économique suisse. L’Arc lémanique devient désormais le premier bassin économique du pays, détrônant Zurich de sa position historique.
Le chiffre parle de lui-même : un écart de 23 milliards de francs en faveur de la région lémanique. Même sans le Valais, Genève et Vaud dépassent Zurich, malgré 1,4 million d’habitants contre 1,6 million. Cette surperformance économique relative soulève des questions sur l’efficacité productive de la région et sur la concentration des activités à haut rendement.
Vaud accélère tandis que Zurich stagne
La croissance économique joue en faveur du canton de Vaud. Selon les nouveaux calculs, son PIB a progressé de 4,1% en 2024, contre seulement 0,8% pour Zurich. Une dynamique qui reflète la vitalité du secteur vaudois, en particulier dans les domaines des services, de la santé et des technologies.
Cette réévaluation du PIB n’est pas une simple affaire statistique. Elle porte des implications politiques majeures pour la Suisse romande. La conseillère d’État vaudoise Isabelle Moret souligne que Genève et Vaud représentent près de 20% du PIB suisse. « Il est grand temps que cela se traduise aussi sur le plan politique », affirme-t-elle, réclamant la priorité pour les projets routiers et ferroviaires de l’Arc lémanique.
Berne doit suivre la réalité économique
Le poids économique croissant de la région lémanique relance effectivement le débat sur la répartition des investissements fédéraux en infrastructure. Pendant des décennies, Zurich a bénéficié d’une part disproportionnée des financements pour ses routes, gares et réseaux de transport, reflet de sa position de centre économique incontesté. Aujourd’hui, cette légitimité change de camp.
Ce ratio productivité-population illustre la spécialisation économique de la région romande et l’attractivité de ses pôles urbains. Le nouvel ordre économique national pose toutefois des questions à court terme sur la capacité des infrastructures de l’Arc lémanique à supporter cette croissance. Routes, gares et autoroutes, surcharges depuis des années, devront être modernisées pour accueillir une économie en expansion. C’est précisément ce que réclame le gouvernement vaudois auprès de Berne : que le poids économique réel se traduise enfin dans les chiffres du budget fédéral destiné à la région.