Vaud se lance dans une réforme majeure de sa politique culturelle, entamée au mois de juin avec la réunion d’une trentaine d’organisations du secteur. Le cadre légal de la politique culturelle vaudoise doit être revu, pour mieux répondre aux réalités et besoins des acteurs culturels comme de la population. Une ambition qui intervient après plusieurs décennies sans remise en question profonde.
La vie culturelle vaudoise se distingue par son dynamisme et sa diversité, mais le secteur se transforme néanmoins constamment et comporte des fragilités. C’est pour mieux l’accompagner que la cheffe du Département cantonal en charge de la culture entend revoir le cadre légal de la politique culturelle vaudoise.
Une première concertation riche en enjeux
Une première rencontre avec plus de trente organisations, représentant aussi bien les professionnels du secteur que des sociétés amateures, a officiellement débuté les travaux de révision de la loi sur la vie culturelle et la création artistique (LVCA). Cette mobilisation révèle une profession en attente de changements concrets. Toutes ces organisations ont ainsi pu exprimer leurs préoccupations et leurs attentes envers la politique culturelle cantonale.
Les discussions ont mis au jour plusieurs priorités qui façonneront la nouvelle loi. Les échanges menés avec les milieux culturels ont mis en évidence plusieurs enjeux prioritaires : les conditions de travail, la juste rémunération, la sécurité sociale, la formation continue, la gouvernance des institutions, ainsi que la reconnaissance du travail de recherche. Des préoccupations majeures pour une profession souvent fragile économiquement.
Clarifier le rôle de l’État, élargir l’accès à la culture
Au-delà de ces enjeux sectoriels, la révision vise à redéfinir le rôle public dans le domaine culturel. Elle devra préciser les missions de l’État et renforcer la lisibilité de l’action publique en clarifiant l’articulation entre le Canton, les communes, les villes-centres, les partenaires privés, les dispositifs intercantonaux et la Confédération.
Un élargissement qui passe aussi par l’accès : l’accès à la culture, la participation, l’inclusion, la médiation et la circulation des œuvres sur l’ensemble du territoire constitueront des axes importants de cette réflexion. La culture ne se limite pas au soutien à la création: elle doit permettre à chacune et chacun de participer à la vie culturelle et d’en bénéficier. Une vision qui ne se contente pas d’épauler les créateurs, mais entend faire vivre la culture auprès de tous les Vaudois.
De la loi de 1984 à l’ère de l’intelligence artificielle
Pionnière lors de son adoption, la LVCA a posé les fondements de la politique culturelle cantonale en affirmant notamment la liberté de création, le soutien à la création professionnelle, la diffusion des œuvres, la médiation et l’accès à la culture. Si ces principes demeurent pleinement pertinents, l’évolution du paysage culturel invite aujourd’hui à réexaminer certains instruments et à préciser les objectifs de l’action publique.
Parmi les nouveaux défis qui attendent les législateurs figurent les technologies numériques. La question des nouvelles technologies, en particulier de l’intelligence artificielle, fera également partie des travaux. Un enjeu qui n’existait pas lors de la rédaction de la dernière loi.
Les prochaines étapes suivront le processus institutionnel habituel. Les contributions recueillies lors de cette première phase seront analysées par la Direction générale de la culture afin d’élaborer un avant-projet de révision de la LVCA. Conformément au processus institutionnel, ce texte devra ensuite être soumis au Conseil d’État. Ce n’est qu’après autorisation de ce dernier qu’une consultation formelle pourra être ouverte. Un calendrier qui devrait s’étendre sur plusieurs trimestres encore, donnant aux acteurs du secteur un vrai temps pour se faire entendre.