Dimanche 27 septembre, les Vaudois seront appelés aux urnes pour trancher une question qui divise le canton depuis trois ans : faut-il réduire de 12% les impôts sur le revenu et la fortune des personnes physiques ? L’initiative populaire « Baisse d’impôts pour tous, Redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne », portée par les milieux économiques, cristallise un affrontement entre deux visions du rôle de l’État.

Un enjeu de pouvoir d’achat face aux finances publiques

L’initiative lancée en 2023 a récolté 28’000 signatures et vise à redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne vaudoise. Ses promoteurs, la Chambre vaudoise immobilière (CVI), la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) et la Fédération patronale vaudoise (FPV), plaident pour un allégement fiscal immédiat et uniforme. D’un côté, les initiants dénoncent une charge fiscale trop lourde pour la classe moyenne vaudoise en comparaison avec d’autres cantons suisses.

Mais les chiffres qui soutiennent ce discours sont fortement contestés. Les chiffres avancés par les initiants sont remis en cause, et le Conseil d’Etat craint un trou budgétaire de 272 millions de francs. Les calculs de l’Administration cantonale des impôts contredisent les économies avancées par les initiants, les calculant à presque 50% inférieures.

Le gouvernement s’oppose, la gauche aussi

Le Conseil d’Etat vaudois, bien qu’à majorité de droite et composé de trois PLR, plaide aussi pour le refus. Il lui préfère son contre-projet indirect : une baisse d’impôts prévue par la loi LRIPP, fixée à 5% en 2026 et qui atteindra 7% en 2027. Les autorités estiment qu’elles ont déjà mis en place des mesures ciblées : réduction d’imposition sur les successions et donations, réduction progressive de l’impôt cantonal sur le revenu (dès l’année fiscale 2025), ainsi que l’augmentation des déductions fiscales pour les primes d’assurance-maladie et les frais de garde d’enfants. L’ensemble de ces mesures représente un allégement estimé à 365 millions de francs par année dès 2027.

La gauche s’oppose largement à l’initiative, tandis que l’UDC la soutient. Les formations du centre et le PLR sont davantage divisés. Le scrutin du 27 septembre revient ainsi à choisir entre deux visions opposées : moins d’impôts pour laisser davantage d’argent aux contribuables, ou davantage de ressources pour préserver les capacités financières de l’État.

L’arrière-plan : des finances publiques tendues

Cette controverse s’inscrit dans un contexte financier déficitaire pour le canton. Depuis 2023, les comptes de l’État de Vaud présentent des déficits importants. Les autorités attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment l’augmentation des dépenses dans les domaines du social, de la santé, de la formation et des transports, liée à l’évolution démographique et à divers facteurs externes. Le budget 2026 prévoit un déficit de 297 millions de francs, après utilisation de réserves à hauteur de 493 millions.

C’est dans ce contexte que les milieux économiques pressent les Vaudois d’agir : redonner de la marge de manoeuvre aux contribuables face à l’inflation, ou préserver la stabilité des finances publiques ? La réponse apportée dimanche prochain aura des répercussions durables sur l’équilibre budgétaire et les priorités sociales du canton.

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