Le canton de Vaud entend réduire de 13 millions de francs la part d’impôt sur les plus-values immobilières qu’il reverse à ses communes dès 2027. Une décision qui crée des tensions entre l’État et les collectivités locales, elles-mêmes confrontées à des difficultés budgétaires chroniques.
Cette coupe intervient dans le contexte du projet de budget cantonal 2027, où l’État vise à réaliser 12,53 millions de francs d’économies en ajustant la fiscalité sur les plus-values. Or, les communes redoutent des conséquences directes sur les services offerts à la population, alors qu’elles font déjà face à un endettement dix fois supérieur à celui du canton.
Un impact inégal selon les communes
L’ampleur de la perte varie fortement d’une collectivité à l’autre, en fonction de l’activité immobilière locale. Morges, par exemple, estime perdre environ 400’000 francs annuels, tandis que Vevey anticipe un manque à gagner de 200’000 francs. Ces chiffres ne sont pas anodins pour des communes de taille modérée : comme l’a rappelé Laurie Willommet, syndique de Vevey, 200’000 francs représentent à peu près l’équivalent d’une dizaine de places en crèche.
Au-delà des exemples emblématiques, le risque est que cette réduction n’aggrave les disparités entre communes selon leur capacité financière. Les plus petites collectivités, disposant de moins de ressources propres, subiront probablement les réductions les plus sévères en matière de prestations publiques.
Une tension croissante avec l’État
Le Canton justifie cette mesure par la nécessité d’équilibrer ses comptes. Cependant, elle cristallise un désaccord plus large entre Lausanne et les communes sur la répartition des charges publiques. Les communes vaudoises affichent déjà un revenu 1,6 fois inférieur à celui du canton, ce qui rend d’autant plus délicate toute réduction de revenus transférés.
Cette tension arrive à un moment où les communes réfléchissent à leurs priorités : investissements en petite enfance, services sociaux, infrastructure ou équipements culturels. La réduction des transferts cantonaux contraindra certaines d’entre elles à des arbitrages difficiles, voire à relever leurs taxes locales pour compenser.