Depuis le 1er juillet, les relations entre bailleurs et locataires vaudois se jouent selon un nouveau cadre légal. Les Règles et usages locatifs vaudois 2026 (RULV) s’imposent de manière obligatoire à l’ensemble des baux à loyer conclus sur le territoire vaudois. Un texte qui n’a pas besoin d’une signature supplémentaire pour entrer en force : ces nouvelles dispositions s’appliquent automatiquement à tous les contrats en cours.

Des clarifications attendues depuis longtemps

Ces nouvelles dispositions clarifient des situations concrètes souvent sources de tensions et offrent de nouveaux moyens de défense face aux litiges liés aux réparations à charge du locataire, aux installations privées ou aux conditions de sous-location du logement. Le dossier était brûlant en Vaud, canton où la pénurie immobilière chronique aiguise les tensions locatives.

Parmi les changements concrets, la question des réparations mineures se clarifie. Selon le nouvel article 9, les menues réparations incombent au locataire si elles sont réalisables sans outillage spécifique, mais si une réparation coûte 80 francs et requiert un électricien qualifié, la facture revient au propriétaire. Exit les interprétations divergentes : des seuils précis mettent fin aux litiges répétitifs.

La sous-location sous conditions strictes

La question de la sous-location, source classique de conflits, bénéficie également d’une clarification. Le locataire devra désormais solliciter l’accord écrit du propriétaire, un refus ne pouvant intervenir que dans des cas stricts prévus par la loi, par exemple si le locataire réalise un profit abusif. Les propriétaires gardent une main sur leur bien, mais ne peuvent plus refuser arbitrairement.

Un contrat-cadre unique en Suisse romande

Le droit du bail suisse repose principalement sur le Code des obligations, mais le canton de Vaud se distingue par l’application d’un contrat-cadre spécifique. Ce contrat-cadre s’applique exclusivement aux baux situés dans le canton de Vaud, les autres cantons romands suivant les lois générales.

La logique derrière cette exception vise à promouvoir la paix du logement dans une région touchée par la pénurie immobilière : l’État intervient pour imposer des normes standardisées limitant les zones de flou entre parties, en s’assurant qu’aucune gérance ne puisse imposer des clauses abusives contournant ces garde-fous.

Le nouveau texte, approuvé par le Conseil fédéral via l’arrêté FF 2026 1075, conservera force obligatoire jusqu’au 30 juin 2032. Une étape supplémentaire dans la régulation du marché du logement vaudois, un terrain où l’État tente depuis des années de concilier les intérêts divergents de propriétaires et de locataires.

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