Pour la deuxième année consécutive, le Chablais subit une sécheresse remarquable qui force les communes à prendre des mesures exceptionnelles en plein automne. Des communes vaudoises imposent des restrictions d’eau inédites en plein automne, une situation qui aurait semblé impensable il y a quelques années.

Cette crise hydrique survient seulement un an après la canicule de 2026, qui avait déjà infligé des pertes dépassant les 100 millions de francs au canton. Yverdon, qui en subit les premiers effets, a entrepris des mesures préventives significatives. Yverdon doit abattre 144 arbres fragilisés par la sécheresse, une opération drastique qui illustre l’urgence de la situation.

Les arbres, premières victimes

Le déracinement d’un siècle et demi de plantations urbaines symbolise les conséquences visibles d’une séquence sèche anormalement persistante. Les arbres, affaiblis par le manque d’eau, deviennent un risque public et doivent être ôtés avant de basculer sur les routes ou les habitants. Cette intervention fait écho aux défis que les villes romandes commencent à affronter en repensant leur verdure.

Un scénario climatique qui s’accélère

Ce qui frappe, c’est la cadence. Aigle avait fermé ses robinets l’an dernier face à une menace hydrique imminente. Cette année, le phénomène s’amplifie et s’étend géographiquement, touchant d’autres communes du Chablais qui n’avaient jamais connu une telle pénurie à l’automne. Les réserves d’eau souterraine ne se reconstituent pas assez vite entre deux étés exceptionnels.

Le Conseil d’État, déjà mobilisé par la mise en œuvre de l’initiative des 12% qui demande une réduction des impôts de 272 millions de francs, doit désormais intégrer la résilience climatique dans son budget serré. Les restrictions imposées par les communes ne sont que des symptômes : la vraie question est celle de la capacité d’adaptation du canton sur le moyen terme.

Vers un plan d’action régional

Le Chablais peine à se rétablir. Parallèlement à cette crise hydrique, la 3e correction du Rhône poursuit sa phase décisive d’enquête publique : cet ouvrage majeur visera à renforcer la protection contre les crues. Ironie du drame, Vaud investit simultanément pour se protéger des trop-pleins et des pénuries.

Communes et cantons doivent repenser leur gestion de l’eau, des forêts et de l’aménagement urbain. Les arbres d’Yverdon ne sont qu’un avant-goût des transformations que le changement climatique imposera à la Suisse romande dans la décennie à venir.

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